Mais pas assez vite à mon goût, j'avais peur, vraiment...
Tom : Mais c'est impossible !! Il doit y avoir une erreur, vous avez tout fait pour que ça n'arrive pas, elle ne peut pas être morte ! Elle ne le mérite pas, elle est tellement jeune...
médecin : elle était... je suis vraiment désolé. Je vais vous laisser en famille et ensuite nous discuterons de ce qu'il se passera après...
Tom : Allez-y fuyez ! C'est impossible qu'elle... je n'y crois pas, je ne veux pas...
Il paraît qu'il y a plusieurs phases dans le chagrin... Si tel est bel et bien le cas, Tom se situe toujours dans la première : il nie tout bonnement même si les preuves sont accablantes... Maman fondit en larmes dans les bras de Gordon qui versa quelques sanglots malgré tous ses essais pour les retenir. Moi, j'étais complètement anéanti, tout à coup, le monde s'écroulait autour de moi, mes projets d'avenir s'envolaient en fumée pour ne laisser qu'un mélange au goût amer de non-dits, de regrets et de rêves brisés... Malgré mon coeur qui refusait de se faire à cette nouvelle et de l'envoyer atteindre mon cerveau, mon esprit réalisait peu à peu la perte que cela représentait & tout ce que cela impliquait, les journées vides de sens, la maison dépeuplée sans elle, vivre sans son sourire, son rire cristallin si musical, sa joie de vivre retrouvée à nos côtés et sa tendresse... Vivre sans le goût de ses lèvres sur les miennes... Tous ces petits gestes quotidiens, les petites blagues, les nuits où elle dort contre moi parce qu'elle a fait un cauchemar, tant de souvenirs en si peu de temps... Mais comment vais-je faire sans elle ? Je me précipite dans les bras de mon frère qui vient juste de réaliser et est lui aussi atterré. On se pleure mutuellement dessus, comme c'est déjà arrivé, nous ne formons qu'une même personne et les larmes de l'un sont aussi celles de l'autres... C'est si bon d'avoir un jumeau, il est la seule bouée à laquelle je peux me raccrocher à présent, mais je ne peux pas vivre sans elle, je ne veux pas... Je serre mon frère plus fort dans mes bras, il me rend mon étreinte en plongeant son regard dans le mien, il paraît que la lueur qui brillait dans mes yeux est maintenant éteinte... Vivre sans elle n'est pas vivre, autant en finir... Tom me regarde fixement, je sais ce qu'il essaie de faire, et je refuse qu'il y parvienne... Il tente de discerner en mon regard ce que je ressens, et ce que je veux faire... Il ne faut surtout pas qu'il se doute de quelque chose... Sa main caresse doucement ma joue toute humide puis vient prendre la mienne... Ce geste si tendre et significatif fait redoubler mes sanglots, il me manquera... Je lui dépose un baiser sur le front, qu'il me rend, avant de me diriger vers le lit pour la regarder une dernière fois... Ensuite, je pars en direction de la porte mais mon frère me rattrape...
tom : Bill qu'est-ce-que tu fais ?
moi : rien, j'ai besoin d'air frais, et de réfléchir, je vais marcher un moment...
tom : tu veux que je t'accompagne ?
Bien que connaissant d'avance ma réponse à sa question, il n'a pas pu s'empêcher de la poser... Je lis dans ses yeux une profonde tristesse mêlée à de l'inquiétude... Et ça me fait mal de voir cela... Je sais qu'il sait... Après tout, nous ne sommes pas jumeaux pour rien...
moi : nan merci... j'ai envie d'être seul, excuse-moi...
tom : comme tu veux...
Je me détourne de l'encadrement de la porte et vais câliner ma mère et mon beau-père... Moi qui ne suis d'ordinaire démonstratif qu'avec mon frère, et depuis peu ma (défunte) "soeur", ce soudain élan d'affection me suprend tout autant qu'eux... Enfin bon, ce n'est pas le moment de faire mon psychologue... Je me dirige une nouvelle fois vers mon frère dont les larmes continuent de couler et il se blottit contre moi, mon grand frère d'amour... Sa voix faiblarde murmure à mon oreille...
tom : bill je t'en prie...
Mais il est déjà trop tard, ma décision est prise et même si ça me fend le coeur, rien ne pourra me faire changer d'avis...
moi : pardonne-moi...
Je déserre son étreinte après m'être une dernière fois enivré de son odeur rassurante et imprégné de son regard troublé... Je prends ensuite le chemin de la sortie sans me retourner, je sais que sinon je n'aurais pas la force de faire ce que je m'apprête à faire... Je passe les portes à tambour de l'hôpital et sors dans la soirée fraiche... Je marche d'un pas énergique dans les rues froides et silencieuses qui s'accordent parfaitement avec mon humeur, la pluie tombe avec fracas et j'entends chaque goutte s'écraser sur les tuiles dépareillées des toits des maisons... Je erre, avec un seul but précis, la hauteur, le toit du plus grand immeuble de la ville... Une fois que je l'ai repéré, j'en prends la direction... C'est bien, l'hôpital est situé sur les hauteurs des collines et le sommet aussi, ça m'évite de trop avoir à marcher, de m'épuiser à grimper car je n'en ai plus la force, tout en moi est vide et creux, à l'instar de mon coeur qui a cessé de battre à la seconde même où le sien s'est arrêté... Il fait presque complètement nuit, le bâtiment devrait être fermé mais non, ma main tourne la poignée d'un coup et la porte s'ouvre... J'entends des pas dans la rue et une ombre qui avance dans ma direction, je me dépêche de pénétrer dans cet immeuble... Je ne prends pas le temps de refermer la porte derrière moi, je cours vers les escaliers qui m'emmèneron à la délivrance, les retrouvailles célestes puis le bonheur perpétuel... Je cours à perdre haleine, il y a tant de marches, tant d'étages et pas d'ascenseur... A ma suite, quelques étages plus bas, des pas précipités me suivent, comme s'ils cherchaient à me rattraper... Dans la cage d'escalier résonnent les échos de "Spring nicht", je reconnaitrais cette voix entre mille... Je m'élance avec une rapidité plus grande encore... Le volume de la chanson augmente, les pas se rapprochent... Nous sommes maintenant à un rythme effréné, j'aperçois la lumière un étage plus haut, je suis presque sur le toit, je peux l'atteindre, il le faut... Enfin, j'atteins le palier... J'ouvre la porte vitrée qui n'est pas non plus verrouillée, je sors... Je suis sur le toit, ça y est... Je contemple les lumières de la ville, la pluie qui tombe et humidifie mes cheveux, faisant couler mon mascara et se mêlant à mes larmes... J'avance, j'avance, j'avance jusqu'au bord de toit, mes pieds sont à quelques mètres du vides... J regarde une nouvelle fois cette cité urbaine silencieuse, en me disant que derrière chaque point de lumière siège au moins une personne... Quelque part dans cette immensité, il y a l'hôpital, et la chambre où Marion est allongée, froide comme du marbre. Cette pensée me réveille de mon état de transe et me rappelle la raison de ma présence sur les hauteurs abruptes... Je me retourne, au son ininterrompu de la chanson que j'ai moi même composée... J'ai à peine le temps de voir le regard suppliant de mon frère chantonnant qui vient d'émerger des profondeurs de l'immeuble avant de me laisser tomber dans le vide...
PDV Tom
Je suis arrivé tout en haut, je suis essouflé, mais malgré tout, je continue à chanter, et à courir, espérant le retenir... Mais nan... J'ai à peine le temps de passer la porte et de croiser son regard que je le vois tomber lentement dans l'abîme citadin... Je ne veux pas attendre l'horrible bruit de son corps s'écraser au sol, mais de toute façon la pluie battante m'en empêche... Mon cerveau est en train d'assimiler ce qu'il vient de voir, je n'aurais pas dû lui en laisser le temps... Tout ici semble vide, ce qui est aussi le cas de mon coeur... En quelques heures, j'ai perdu les deux êtres qui m'étaient les plus chers au monde... Je suis seul, je ne me sens pas le coeur à continuer mon chemin sans eux... Alors lentement, je me dirige vers le rebord du toit, et me laisse moi aussi tomber sans un bruit...
Je suis désolée de l'immeeeeeeense retard, et j'imagine que la plupart d'entre vous ne prendront même pas la peine de lire ce chapitre, le dernier... Je les comprends... Cependant j'ai eu beaucoup de choses à faire ces temps derniers qui m'ont retardée dans l'écriture du chapitre 14 (voir article précédent)
En plus, la fin des personnages est brutale et avant, ça me faisait sérieusement du mal d'écrire de pareilles choses alors je retardais ce moment...
Enfin bon, pour ceux qui ont lu malgré tout
j'espère que ça vous a plu ?
que la fin ne vous a pas trop déçus ?
voilà, il y aura un épilogue... soit d'ici le 15 juin, soit après le 16 juillet parce que je pars aux USA pendant un mois...
Voilà
merci de me lire
bisouux
